Je me souviens qu’Ă  une Ă©poque, ma compagnie de tĂ©lĂ©phone m’avait fait parvenir un sondage destinĂ© Ă  recueillir ma perception sur le temps qui passe et, surtout, sur le manque de temps en gĂ©nĂ©ral.

Il s’agissait, en gros, de sonder ses clients pour un jour, je prĂ©sume, construire une campagne de promotion autour du manque de temps dans la vie et vendre des tĂ©lĂ©phones et des forfaits qui les aident Ă  gagner plus de temps.

Bien que je me doutais que le temps me filait entre les doigts (rien de trĂšs nouveau sous le soleil), le fait qu’on veuille en faire l’axe central d’une campagne publicitaire m’avait laissĂ© songeur sur l’importance que les publicitaires accordent Ă  notre prĂ©occupation du manque de temps dans la vie et Ă  notre Horaire-chargĂ©MD.

La télévision et le manque de temps

Je repense souvent Ă  cette anecdote lorsque je suis devant mon tĂ©lĂ©viseur et me surprends Ă  zapper sans arrĂȘt, incapable de trouver un programme qui retienne mon attention.

Ce zapping insatiable, qu’est-ce qui le motive?

Est-ce :

1. mon impatience naturelle qui dicte quoi faire à mon doigt sur la télécommande?
2. simplement mon envie de ne rien regarder de façon précise?
3. parce que, inconsciemment, je veux tout regarder en mĂȘme temps?
4. ou encore parce que j’ai un Horaire-chargĂ©MD en gĂ©nĂ©ral et que le temps que j’accorde Ă  la tĂ©lĂ©vision, j’aimerais qu’il soit allouĂ© Ă  la meilleure Ă©mission possible.

En ce qui me concerne, c’est plutĂŽt ce dernier point qui explique mon comportement devant la tĂ©lĂ©vision.

Devant l’ordinateur, par contre, ce comportement prend un autre sens : puisque je choisis le contenu que je regarde, c’est la majoritĂ© du temps un contenu de qualitĂ© que j’ai sous les yeux.

Le zapping est donc une affaire de salon, de tĂ©lĂ©vision. Sur le web, c’est l’inverse : je choisis mes contenus Ă  regarder et les regarde la plupart du temps intĂ©gralement.

Parce que nous avons tous un Horaire-chargĂ©MD, je me dis que c’est peut-ĂȘtre lĂ  une tendance plus gĂ©nĂ©ralisĂ©e qu’un cas isolĂ©…

Exemples :

1. Lorsque les DVD sont entrĂ©s dans ma vie, il m’est arrivĂ© souvent d’appuyer sur le bouton « avance rapide » pour passer une scĂšne que je sentais longue et inutile. (Au grand dam de ma copine, je dois le dire.)

Le bouton « avance rapide » : le rĂ©flexe du gars qui a choisi le programme qu’il allait regarder, et qui, s’il le peut, va Ă©viter une mauvaise scĂšne pour gagner un peu de temps dans son Horaire-chargĂ©MD.

2. Sur le web, par contre, ce rĂ©flexe n’est pas le mĂȘme. Moi qui croyais que la situation allait empirer, je sĂ©lectionne toujours avec autant de minutie mes programmes (compte tenu de mon Horaire-chargĂ©MD), mais je les regarde dans leur intĂ©gralitĂ©.

Si je regarde plus que jamais (mais pas toujours) des programmes seul devant mon ordinateur, c’est pour les regarder en entier. Certaines fois, en faisant autre chose sur mon ordinateur, d’autres fois en laissant aller contenu et en faisant autre chose prĂšs de l’ordinateur, comme la cuisine, par exemple.

La fin du zapping?

Bref, si je veux passer Ă  autre chose, j’arrĂȘte la vidĂ©o. Mais rarement ne zappe. Ce qui laisse quelques questions en suspens.

Est-ce que le zapping est une tendance qui s’effrite sur le web? Est-ce que c’est une thĂ©orie qui exprime une rĂ©alitĂ© que vous expĂ©rimentez vous-mĂȘmes de votre cĂŽtĂ© de l’Ă©cran?

Ou fait-on toujours du zapping, mais sous une autre forme? Quelle serait cette forme?

N’hĂ©sitez pas Ă  commenter si jamais vous avez des rĂ©flexions sur le sujet.